{"id":7904,"date":"2016-09-21T16:00:09","date_gmt":"2016-09-21T16:00:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.equimundo.org\/?p=7904"},"modified":"2023-02-24T13:30:39","modified_gmt":"2023-02-24T17:30:39","slug":"promundos-affiliate-shares-impact-living-peace-clinton-global-initiative-annual-meeting","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/promundos-affiliate-shares-impact-living-peace-clinton-global-initiative-annual-meeting\/","title":{"rendered":"Une filiale d&#039;Equimundo partage l&#039;impact de Living Peace lors de la s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re de cl\u00f4ture de la r\u00e9union annuelle de la Clinton Global Initiative"},"content":{"rendered":"<p>Benoit Ruratotoye est le directeur de la recherche et de la formation \u00e0 l&#039;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/about\/teams\/?offices=east-africa\">Institut Living Peace<\/a>, filiale d&#039;Equimundo en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Le 21 septembre 2016, il a rejoint l&#039;acteur et cin\u00e9aste am\u00e9ricain Ben Affleck, l&#039;ancien pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis Bill Clinton et d&#039;autres personnalit\u00e9s pour pr\u00e9senter son expos\u00e9 lors de la s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re de cl\u00f4ture de l&#039;\u00e9dition 2016.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/promundo-featured-final-clinton-global-initiative-annual-meeting\/\">R\u00e9union annuelle de la Clinton Global Initiative (CGI)<\/a>Lisez ses remarques sur la paix et la gu\u00e9rison en RDC et regardez sa pr\u00e9sentation (\u00e0 partir de la minute 9:05) ci-dessous :<\/p>\n<div class=\"video-wrapper\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Imagine All The People: President Clinton&#039;s Closing Remarks - CGI 2016 Annual Meeting\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/vnjePUrJCFY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<p><strong>\u00c9coute et empathie : vivre la paix en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo<\/strong><\/p>\n<p>Au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons perdu des millions de vies. Pr\u00e8s d&#039;une femme sur quatre \u2013 dont Kyalu, kidnapp\u00e9e en 2008 \u2013 a subi des violences sexuelles li\u00e9es au conflit, et le traumatisme a touch\u00e9 la vie de presque tout le monde, y compris la mienne.<\/p>\n<p>Ce traumatisme \u2013 d\u00e9c\u00e8s, blessures ou d\u00e9part forc\u00e9 de membres de la famille \u2013 a laiss\u00e9 des s\u00e9quelles durables dans nos communaut\u00e9s. J&#039;ai pu constater qu&#039;il compromettait la s\u00e9curit\u00e9 physique et le bien-\u00eatre d&#039;hommes et de femmes, ainsi que leur capacit\u00e9 \u00e0 gagner leur vie.<\/p>\n<p>Mais la guerre en RDC a un autre effet secondaire. Les femmes viol\u00e9es sont souvent rejet\u00e9es par leur communaut\u00e9 et leur famille, ce qui aggrave la stigmatisation et l&#039;isolement. Ces sentiments n\u00e9gatifs \u2013 et cette douleur \u2013, s&#039;ils ne sont pas abord\u00e9s, peuvent d\u00e9truire les relations et engendrer de nouvelles violences au sein du foyer.<\/p>\n<p>Trois mois apr\u00e8s l&#039;enl\u00e8vement, Abby et Kyalu se sont enfin retrouv\u00e9s. Au lieu d&#039;un moment de soulagement et de joie, Abby, le mari de Kyalu, nous a confi\u00e9 : \u00ab Apprendre ce qu&#039;ils ont fait \u00e0 ma femme \u00e9tait insupportable. \u00bb Il a dit se sentir impuissant et avoir \u00e9t\u00e9 pris de vertige face \u00e0 ce traumatisme. Il s&#039;en est pris \u00e0 Kyalu.<\/p>\n<p>Nos recherches r\u00e9v\u00e8lent que si pr\u00e8s d&#039;un quart des femmes ont subi des violences sexuelles li\u00e9es \u00e0 un conflit, pr\u00e8s des deux tiers ont subi des violences de la part d&#039;un partenaire masculin. Cela signifie que longtemps apr\u00e8s la fin d&#039;un conflit, ses effets peuvent perdurer dans nos foyers.<\/p>\n<p>J&#039;ai contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de Living Peace en 2013, avec Equimundo, HEAL Africa et d&#039;autres partenaires. Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu moi-m\u00eame des violences et avoir vu ces violences affecter mes amis, mes voisins et mes coll\u00e8gues pendant trop longtemps, j&#039;ai compris qu&#039;il fallait agir. De plus, des femmes nous demandaient de les aider \u00e0 atteindre leurs maris et \u00e0 mettre fin \u00e0 la stigmatisation li\u00e9e aux violences sexuelles.<\/p>\n<p>Les services de sant\u00e9 et de soutien directs pour les personnes qui souffrent de violence sont absolument une premi\u00e8re \u00e9tape essentielle vers la gu\u00e9rison, mais pour emp\u00eacher que cette violence ne perdure, nous devons \u00e9galement travailler avec les hommes seuls et aux c\u00f4t\u00e9s de leurs partenaires, des jeunes, de la police et de l\u2019arm\u00e9e, et de communaut\u00e9s enti\u00e8res pour aider \u00e0 restaurer la foi et la confiance \u2013 pour r\u00e9introduire l\u2019empathie, pour promouvoir la paix et l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00e0 la maison et dans nos communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais, dans un pays o\u00f9 il n&#039;y a pas de psychologues, de conseillers ni de psychiatres qualifi\u00e9s, nous savions que ce travail ne serait pas facile. Nous devions compter sur les ressources de la communaut\u00e9 et aider la population \u00e0 trouver un moyen de se soigner elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Je savais que la th\u00e9rapie de groupe pouvait \u00eatre une strat\u00e9gie de gu\u00e9rison tr\u00e8s efficace. C&#039;est pourquoi, gr\u00e2ce aux recommandations de dirigeants communautaires, d&#039;autorit\u00e9s militaires et d&#039;autres intervenants, nous avons cr\u00e9\u00e9 ces groupes et commenc\u00e9 \u00e0 rencontrer des hommes, en incluant leurs \u00e9pouses aux moments cl\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour certains hommes, il a \u00e9t\u00e9 difficile de se confier au d\u00e9but. On leur demandait de parler de sujets dont ils n&#039;avaient pas souvent, voire jamais, abord\u00e9s, et certains ont d\u00fb faire face aux critiques d&#039;amis, de membres de leur famille ou de voisins qui ne comprenaient pas le processus \u2013 ni son objectif. Gr\u00e2ce \u00e0 des s\u00e9ances de th\u00e9rapie de groupe et \u00e0 un processus de restauration sociale au sein de la communaut\u00e9, nous avons progressivement commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9construire ces barri\u00e8res et la r\u00e9sistance s&#039;est estomp\u00e9e.<\/p>\n<p>En groupe, nous discutons de ce que signifie avoir du pouvoir et \u00eatre impuissant. Que faire lorsque la col\u00e8re se transforme en violence et comment briser ce cycle\u00a0? Comment voir la force dans l&#039;\u00e9galit\u00e9 et le pouvoir dans des relations pacifiques\u00a0? Comment remettre en question et red\u00e9finir ce que signifie \u00eatre un homme et une femme en RDC aujourd&#039;hui\u00a0? Ces conversations ne sont pas faciles, mais elles sont essentielles pour aller de l&#039;avant et d\u00e9passer le recours \u00e0 la violence pour surmonter la douleur.<\/p>\n<p>Ce que nous constatons est v\u00e9ritablement inspirant. Bien que les changements varient d&#039;une personne \u00e0 l&#039;autre, apr\u00e8s trois ou quatre mois de participation \u00e0 notre programme, la grande majorit\u00e9 des hommes et des femmes nous disent que les hommes recourent moins \u00e0 la violence. Ils communiquent mieux et se per\u00e7oivent comme des partenaires plus \u00e9gaux. Une \u00e9valuation externe, men\u00e9e deux ans plus tard, a \u00e9galement confirm\u00e9 cet impact. Le processus am\u00e9liore m\u00eame les relations entre civils et militaires et apaise les tensions interethniques.<\/p>\n<p>Abby, qui a rejoint les groupes Living Peace, nous a confi\u00e9 que changer de mode de vie avait \u00e9t\u00e9 difficile au d\u00e9but, mais qu&#039;il avait trouv\u00e9 du r\u00e9confort en \u00e9coutant les t\u00e9moignages des autres. Kyalu a not\u00e9 qu&#039;apr\u00e8s qu&#039;Abby ait entam\u00e9 le processus, il avait commenc\u00e9 \u00e0 lui parler diff\u00e9remment et \u00e0 prendre soin de leurs enfants. Abby a confi\u00e9 qu&#039;ils avaient retrouv\u00e9 l&#039;amour qu&#039;il pensait avoir perdu.<\/p>\n<p>Nous avons mis en \u0153uvre ce processus de th\u00e9rapie de groupe aupr\u00e8s de survivantes de violences sexuelles, de policiers, de militaires, de conjoints de victimes de viols li\u00e9s \u00e0 des conflits, ainsi que de t\u00e9moins de g\u00e9nocides et d&#039;autres formes de violence. Depuis plus de trois ans, ce processus offre aux individus un espace pour s&#039;attaquer aux causes profondes de la violence, pratiquer l&#039;empathie et promouvoir des voies de gu\u00e9rison non violentes pour les individus, les familles et les communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Abby et Kyalu ne sont pas les seules \u00e0 avoir travers\u00e9 ce processus de gu\u00e9rison. La gratitude et le sentiment d&#039;appartenance que nous avons constat\u00e9s aupr\u00e8s de la communaut\u00e9, ainsi que le soutien du gouvernement, nous motivent \u00e0 poursuivre notre chemin. Nous aurons touch\u00e9 des milliers d&#039;hommes et de femmes comme Abby et Kyalu d&#039;ici la fin de l&#039;ann\u00e9e, et des centaines de milliers au cours des deux prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Il reste encore beaucoup \u00e0 faire pour gu\u00e9rir, mais je pense que nous avan\u00e7ons dans la bonne direction. Je suis optimiste, car je sais que nous aidons ceux qui souffrent \u00e0 retrouver leur paix int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Je m&#039;appelle Benoit Ruratotoye, je vis la paix et je suis honor\u00e9 d&#039;\u00eatre ici aujourd&#039;hui.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Benoit Ruratotoye est directeur de la recherche et de la formation \u00e0 l&#039;Institut Living Peace, filiale d&#039;Equimundo en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Il a rejoint l&#039;organisation le 21 septembre 2016.<\/p>","protected":false},"author":3,"featured_media":6082,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_hide_content":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"","_relevanssi_noindex_reason":"","footnotes":""},"tags":[493,425,523,636,244,566],"class_list":["post-7904","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-benoit-ruratotoye","tag-clinton-foundation","tag-clinton-global-initiative","tag-democratic-republic-of-the-congo","tag-living-peace","tag-living-peace-institute","program_areas-social-connection","geography-global","geography-sub-saharan-africa","program-living-peace"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7904","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7904"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7904\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15494,"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7904\/revisions\/15494"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7904"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.equimundo.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7904"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}