
Les participants au projet Clubs de Jeunes Contre la Violence (YCAV) – développé par Living Peace Institute et Equimundo et financé par l'Ambassade de Suède à Kinshasa – ont reçu la visite d'une délégation composée de Peter Eriksson, ministre suédois de la Coopération internationale au développement, et de l'ambassadeur de Suède à Kinshasa et de son corps diplomatique.
La délégation s'est rendue au Centre d'Aide à l'Enfance Défavorisée (AED) de Mbongwana à Kinshasa, où elle a été accueillie par divers participants au projet YCAV, dont des filles et des garçons, des parents, le personnel du centre et de l'école, et des partenaires. Durant son séjour à Kinshasa, le ministre a assisté à une séance de simulation de club, écouté les témoignages des participants et visité les centres de jeunes et de formation professionnelle.
La première partie de la visite comprenait une présentation du projet et de ses réalisations par le coordinateur du YCAV, puis la délégation a assisté à des séances sur deux thèmes : « Genre et sexe » et « Comprendre la violence et son cycle ». Au cours de ces séances, les jeunes ont expliqué comment les notions de sexe et de genre peuvent influencer les attentes envers les hommes et les femmes. La première présentation a permis à la délégation de découvrir la compréhension et les perspectives des jeunes sur le genre et le sexe. Un jeune homme a déclaré :
« Après avoir assisté aux séances de formation, nous avons compris qu’entre l’homme et la femme, il n’y a pas de différence [de capacité] lorsqu’il s’agit d’effectuer le travail, que ce soit à la maison ou ailleurs dans la société. »
Dans le cadre de son action visant à briser les cycles de violence, YCAV contribue à proposer des solutions alternatives, non violentes et saines aux jeunes. Un jeune homme, ancien membre d'un gang de rue, ou Kuluna, a expliqué au ministre comment il a pu quitter la rue :
J'ai fait partie de gangs ; chaque jour, il y avait des bagarres entre les jeunes des deux quartiers, et j'étais le chef des troupes. Ce qui m'a poussé à rejoindre le gang, c'est la mort de mon père. En tant qu'homme, voyant que je n'avais pas la possibilité d'affronter les nombreux défis de la vie à la maison, j'ai décidé de rejoindre les Kuluna, où j'ai été grièvement blessé. Mais en intégrant les Clubs de Jeunes Contre la Violence, j'ai appris à gérer mes émotions et je n'ai pas perdu espoir malgré les vicissitudes de la vie. Pour mettre fin à la violence, j'ai vite compris que j'avais tort et j'ai tout quitté. J'ai même repris mes études et je suis diplômé d'État. J'ai l'intention de poursuivre mes études pour devenir ingénieur électricien.
Le Ministre et sa délégation ont également visité le Centre d'hébergement des filles de l'AED ainsi que le centre de formation professionnelle qui accueille certains des jeunes ayant participé aux sessions de formation du YCAV.

Paul Mburu, consultant indépendant ayant réalisé l'évaluation d'impact et l'étude socioéconomique du projet, a souligné la pertinence du projet, qui aide les jeunes à développer une vision positive de la non-violence, de l'égalité des sexes et de leurs propres aspirations pour l'avenir. Il a recommandé à la Suède non seulement de poursuivre le projet, mais aussi de l'étendre à d'autres communautés de Kinshasa.
De même, à l’issue de sa visite, le Ministre s’est déclaré satisfait des résultats du projet, et a promis de discuter avec les collaborateurs de la possibilité de sa poursuite.
Le projet « Centres de jeunes contre la violence » est mis en œuvre dans les centres par l'AED et dans les écoles par la Coalition nationale pour l'éducation pour tous (CONEPT). Ses objectifs de plaidoyer sont en collaboration avec le Réseau des éducateurs d'enfants et de jeunes des rues (REEJER). Il est actuellement mis en œuvre dans le cadre d'une phase pilote de quatre ans dans les communautés de Kintambo, Bumbu et Makala.